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L'IDPNO des militaires : comment sécuriser votre indemnité de départ ?

L’IDPNO est une indemnité clé pour les militaires : comment la sécuriser, en vérifier le calcul et contester toute décision erronée.

L'IDPNO des militaires : comment sécuriser votre indemnité de départ ?

L'Indemnité de Départ des Personnels Non Officiers (IDPNO) représente un capital essentiel pour la reconversion des sous-officiers et militaires du rang. Cependant, son obtention est strictement encadrée : il faut justifier de 9 à 11 ans de services effectifs et être en position d'activité au moment du départ. Attention : un congé pour convenance personnelle (CPP) ou un congé parental peut annuler vos droits ou modifier votre ancienneté. Le cabinet Obsalis Avocat vous aide à vérifier votre éligibilité et vous représente en cas de refus de versement par l'administration.

1.- IDPNO militaire : durée de service, calcul & montant

L'indemnité de départ des personnels non officiers (IDPNO) est une indemnité versée aux sous-officiers, officiers mariniers, caporaux-chefs et quartiers-maîtres de 1ère classe engagés, qui ont entre 9 et 11 ans de services militaires effectifs au plus, qui sont rayés des contrôles au terme de leur dernier contrat, et auxquels il n’a pas été proposé de renouvellement de contrat (article 1er du décret n°91-606 du 27 juin 1991 relatif à l'indemnité de départ allouée à certains militaires non officiers) :

« Une indemnité de départ est attribuée aux sous-officiers, officiers mariniers, caporaux-chefs et quartiers-maîtres de 1re classe engagés, en position d'activité, qui ayant au moins huit ans et au plus onze ans révolus de services militaires sont rayés des cadres au terme de leur contrat à la condition que l'autorité militaire ne leur ait pas proposé un nouveau contrat.

Les sous-officiers de carrière en position d'activité pourront bénéficier de l'indemnité de départ, dans les mêmes conditions d'ancienneté que les militaires engagés, sous réserve que leur demande de démission ait été agréée par le ministre chargé de la défense.

A compter du 1er janvier 2004, la durée minimale de services militaires à prendre en compte pour l'appréciation du droit à l'indemnité de départ est portée à neuf ans ».

Cette indemnité est accordée aux sous-officiers de carrière dans les mêmes conditions d’ancienneté.


L’IDPNO est égale à 14 mois de solde brute déduction faite des cotisations retraites (article 2 du décret susvisé n°91-606 du 27 juin 1991), étant précisé que la solde à prendre en considération est celle du grade et de l'échelon détenus par le militaire concerné au jour de sa radiation des contrôles.

En principe, l’IDPNO doit être versée dans le cadre du versement de la dernière solde du militaire rayé des contrôles.


Cette IDPNO ne peut être versée qu'une seule fois à un même militaire et ne peut se cumuler avec le versement d'une pension de retraite à jouissance immédiate.

Par ailleurs, elle n’est pas due aux militaires qui sont rayés des contrôles à la suite d’une sanction disciplinaire ou qui sont nommés dans un emploi de la fonction publique civile (article 3 du décret n°91-606 du 27 juin 1991 relatif à l'indemnité de départ allouée à certains militaires non-officiers).


En conséquence, tout militaire qui aurait perçu l’IDPNO mais qui serait nommé dans la fonction publique ou souscrirait un nouvel engagement dans les armées, serait tenu de rembourser ladite prime dans un délai d’un an à compter de ladite nomination ou dudit engagement.

Retrouver ci-dessous un simulateur afin d'estimer le montant de l'IDPNO auquel vous aurez ou auriez dû avoir droit :

Simulateur IDPNO

Estimez votre indemnité de départ en fonction de votre situation administrative exacte au terme de votre contrat.

2.- IDPNO et position de non-activité des militaires

. Qu’ils soient militaires engagés ou militaires de carrière, les demandeurs de l’IDPNO doivent impérativement être en position d’activité.

En effet, l’article 1er du décret précité n°91-606 du 27 juin 1991 ne prévoit l’octroi de l’IDPNO qu’aux militaires en position d’activité :

« Une indemnité de départ est attribuée aux sous-officiers, officiers mariniers, caporaux-chefs et quartiers-maîtres de 1re classe engagés, en position d'activité, qui ayant au moins huit ans et au plus onze ans révolus de services militaires sont rayés des cadres au terme de leur contrat à la condition que l'autorité militaire ne leur ait pas proposé un nouveau contrat.

Les sous-officiers de carrière en position d'activité pourront bénéficier de l'indemnité de départ, dans les mêmes conditions d'ancienneté que les militaires engagés, sous réserve que leur demande de démission ait été agréée par le ministre chargé de la défense.

A compter du 1er janvier 2004, la durée minimale de services militaires à prendre en compte pour l'appréciation du droit à l'indemnité de départ est portée à neuf ans ».

A ce sujet, l’article L. 4138-11 du code de la défense précise notamment que le congé parental et le congé pour convenance personnelle (CPP), et le congé complémentaire de reconversion constituent des positions de non-activité :

« La non-activité est la position temporaire du militaire qui se trouve dans l'une des situations suivantes :

1° En congé de longue durée pour maladie ;

2° En congé de longue maladie ;

3° En congé parental ;

4° En situation de retrait d'emploi ;

5° En congé pour convenances personnelles ;

6° En disponibilité ;

7° En congé complémentaire de reconversion ;

8° En congé du personnel navigant (…) ».

. S’agissant des militaires de carrière, il en résulte qu’une demande de démission entre 9 et 11 ans de service déposée durant un congé parental, un congé pour convenance personnelle ou un congé complémentaire de reconversion, ferait perdre ses droits à l’IDPNO au militaire concerné.

Un sous-officier de carrière, parti en congé parental ou en congé pour convenance personnelle alors qu’il disposait d’une ancienneté comprise entre 9 et 11 ans, devrait donc impérativement reprendre du service avant de solliciter sa démission s’il veut pouvoir bénéficier de l’IDPNO.

Bien entendu, l’agrément de la démission n’est pas automatique et est soumis à appréciation au regard de l’intérêt du service.

. S’agissant des militaires engagés, il convient d’insister sur le dernier alinéa de l’article L. 4138-11 du code de la défense qui précise que le temps passé en position de non-activité doit être pris en compte dans la durée des services effectifs des militaires sous contrat :

«  (…) Le temps passé dans l'une des situations de la position de non-activité est pris en compte dans la durée totale de service du militaire servant en vertu d'un contrat ».

Le tribunal administratif de Toulouse a eu l’occasion de confirmer, s’agissant d’une militaire engagée, que le temps passé dans la position de non-activité entrait dans le calcul de la durée des services effectifs des militaires servant en vertu d’un contrat (TA Toulouse, 21 novembre 2023, req. n° 2100271) :

« 4. Il résulte, en premier lieu, de la combinaison des dispositions légales et règlementaires précitées qu'un sous-officier ne peut se voir attribuer une indemnité de départ que s'il a au moins neuf ans et au plus onze ans révolus de service militaire, ce temps de service pouvant être constitué indifféremment de période d'activité mais également de période de non activité qui sont prises en compte pour la durée totale de service du militaire ».

Si la question peut se poser de savoir si le temps passé en position de non-activité doit être pris en compte dans la durée des services effectifs des militaires de carrière, il est en tout cas certain que ce temps doit être pris en compte s’agissant des militaires servant en vertu d’un contrat.

Les militaires sous contrat qui bénéficient d’un congé parental ou d’un congé pour convenance personnelle doivent donc savoir qu’ils sont susceptibles de perdre leur droit à l’IDPNO si la durée de ce congé conduit à ce que leurs services effectifs dépassent 11 années.

En cas de refus de versement de l’IDPNO, il est vivement conseillé aux militaires concernés de consulter un cabinet d’avocat de militaires qui sera en mesure de les éclairer sur leurs droits et d’évaluer les chances de succès d’un éventuel recours contre ce refus.

3.- Quels recours pour les militaires en cas de non versement d’IDPNO ?

Si un militaire qui s’estime avoir droit à l’IDPNO s’aperçoit qu’il ne l’a pas perçue dans le cadre de son dernier bulletin de solde, il devra formuler une demande écrite de versement de l’IDPNO.

Il est vivement conseillé aux militaires lésés de saisir un cabinet d’avocat en droit militaire, dès cette étape, afin de maximiser leurs chances d’obtenir le versement de l’IDPNO demandée.

Il conviendra de motiver cette réclamation par des moyens juridiques précis, en produisant toutes pièces de nature à justifier du droit du militaire concerné au versement de l’IDPNO (dernier renouvellement de contrat d’engagement, décision de non-renouvellement de contrat, EGS, etc.)

En cas de silence de l’administration sur la demande dans un délai de deux mois à compter de la réception, l’administration devra être regardée comme ayant implicitement rejeté la demande (article L. 241-4 du code de justice administrative) :

« Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : (…)

3° Si la demande présente un caractère financier sauf, en matière de sécurité sociale, dans les cas prévus par décret ; (…) »

Le militaire concerné disposera alors d’un nouveau délai de deux mois pour saisir la commission des recours des militaire (CRM) d’un recours contre cette décision de refus (article R. 4125-2 du code de la défense) :

« A compter de la notification ou de la publication de l’acte contesté, ou de l’intervention d’une décision implicite de rejet d’une demande, le militaire dispose d’un délai de deux mois pour saisir la commission par tout moyen conférant date certaine de réception de cette saisine au secrétariat permanent placé sous l’autorité du président de la commission. (…) »

Nous conseillons aux militaires concernés par un refus d’IDPNO de saisir un cabinet d’avocat disposant d’une expertise en droit militaire, pour les représenter devant la commission des recours des militaires (CRM).

En cas de rejet du recours par la commission des recours des militaires (CRM), qu’il soit exprès ou implicite (c’est-à-dire, intervenant dans un délai de 4 mois), le militaire concerné disposera d’un nouveau délai de deux mois pour former un recours contentieux contre cette décision de rejet (article R. 421-1 du code de justice administrative) :

« La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (…)

Cette requête devra comporter des moyens sérieux de nature à démontrer que le militaire concerné remplit toutes les conditions requises pour bénéficier de l’IDPNO (ancienneté, position d’activité, non-renouvellement, etc).

En cas de victoire, le tribunal administratif condamnera l’Etat à verser au militaire concerné, non seulement l’IDPNO à laquelle il a droit, assorti des intérêts au taux légal, mais également une somme s’élevant généralement à 1500 € au titre de ses frais d’avocat.

Le cabinet d’avocat militaire, Obsalis Avocats, informe les militaires sur leurs droits en matière d’IDPNO et les représente dans leurs recours, tant au stade de la réclamation préalable, que devant la commission des recours des militaires (CRM) et le tribunal administratif.

FAQ : Tout savoir sur l'Indemnité de Départ des Personnels Non Officiers (IDPNO)

Retrouvez les réponses aux questions les plus posées sur l'IDPNO, les conditions d'obtention et les recours possibles en cas de refus.

1. Qu'est-ce que l'IDPNO et qui peut en bénéficier ?

L'Indemnité de Départ des Personnels Non Officiers (IDPNO) est un capital versé aux militaires (sous-officiers, officiers mariniers, caporaux-chefs et quartiers-maîtres) lors de leur retour à la vie civile. Pour y prétendre, vous devez :

  • Avoir entre 9 et 11 ans de services militaires effectifs (pour les militaires de carrière ou sous contrat).
  • Être rayé des contrôles au terme de votre contrat.
  • Ne pas avoir reçu de proposition de renouvellement de contrat de la part de l'administration.

2. Quel est le montant de l'IDPNO en 2026 ?

Le montant de l'IDPNO est égal à 14 mois de solde brute (déduction faite des cotisations retraites). Le calcul est basé sur la solde correspondant au grade et à l'échelon que vous détenez précisément au jour de votre radiation des contrôles.

3. Un congé parental ou pour convenance personnelle (CPP) impacte-t-il l'IDPNO ?

Oui. Ces situations sont considérées comme des positions de non-activité.

  • Pour les militaires de carrière : Une démission déposée pendant un congé parental ou CPP entraîne la perte des droits. Il est impératif de reprendre une position d'activité avant de solliciter son départ.
  • Pour les militaires sous contrat : Le temps passé en non-activité est inclus dans le calcul de l'ancienneté totale. Si ce congé porte votre durée de service au-delà de 11 ans, vous perdez votre éligibilité à l'indemnité.

4. Peut-on cumuler l'IDPNO avec une pension de retraite ?

Non. L'IDPNO ne peut pas être cumulée avec le versement d'une pension de retraite à jouissance immédiate. De même, elle n'est pas due si vous intégrez immédiatement un emploi dans la fonction publique civile.

5. Que faire si l'IDPNO ne figure pas sur mon dernier bulletin de solde ?

Si vous remplissez les conditions mais que l'indemnité n'a pas été versée, vous devez formuler une demande écrite de versement auprès de l'administration. En cas de rejet (exprès ou silence de 2 mois), un recours devant la Commission des Recours des Militaires (CRM) est obligatoire avant toute action devant le tribunal administratif.

6. Pourquoi faire appel à un avocat pour un litige lié à l'IDPNO ?

Les règles de calcul de l'ancienneté et les conditions liées à la position d'activité sont complexes. Le cabinet Obsalis Avocat, spécialiste en droit public militaire, vous accompagne pour :

  • Vérifier votre éligibilité réelle.
  • Rédiger une réclamation préalable motivée juridiquement.
  • Vous représenter devant la CRM et le tribunal administratif pour obtenir le versement de vos droits avec intérêts.

Pour en savoir plus sur la reconversion des militaires et le droit à l’IDPNO, consultez les autres articles du cabinet Obsalis Avocat sur le même thème :

Portrait d'une femme souriante avec cheveux noirs relevés, portant une chemise blanche et un collier doré.

Tiffen Marcel

Avocate associée fondatrice
Spécialiste en Droit public & Droit public militaire

Tiffen MARCEL a fondé Obsalis Avocat pour répondre aux problématiques des militaires, personnels de la gendarmerie nationale et fonctionnaires de police de toute la France. Seule spécialiste française en Droit public militaire officiellement reconnue par le Conseil national des Barreaux (CNB), elle dédie son expertise à la défense des militaires, gendarmes et policier dans tous ses pans administratifs : discipline, blessure et santé, indus de rémunération, démission/résiliation de contrat, réclamations indemnitaires.

Auteur

Portrait d'une femme souriante avec cheveux noirs relevés, portant une chemise blanche et un collier doré.
Tiffen Marcel
Avocate associée fondatrice

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