Le détachement est la position du militaire qui est placé hors de son corps d’origine, sur un autre emploi, mais qui continue à bénéficier de ses droits à avancement et à retraite, et, dans certains cas, sa rémunération d’origine.
Lumière sur les conditions d’octroi et les modalités du placement en détachement des militaires :
Aux termes de l’article L. 4138-8 du code de la défense, le détachement est la position du militaire qui est placé en dehors de son corps d’origine mais qui continue à bénéficier de ses droits à l’avancement et à la retraire :
« Le détachement est la position du militaire placé hors de son corps d'origine. Dans cette position, le militaire continue à figurer sur la liste d'ancienneté de son corps et à bénéficier des droits à l'avancement et à pension de retraite. Les conditions d'affiliation au régime de retraite sont fixées par décret en Conseil d'Etat » (article L. 4138-8 alinéa 1er du code de la défense).
Dans cette position, le militaire détaché est soumis à l'ensemble des règles régissant la fonction qu'il exerce par l'effet de son détachement, notamment pour tout ce qui concerne la notation (article R. 4138-38 du code de la défense), à l'exception des règles relatives au versement d'indemnités de licenciement ou de fin de carrière (article L. 4138-8 alinéa 4 du code de la défense).
Lorsque le militaire est détaché dans un corps ou un cadre d'emplois civil, il conserve l'état militaire et demeure par conséquent soumis au devoir de réserve, ainsi qu’à une obligation de discrétion professionnelle (article L. 4121-2 du code de la défense).
De même, les militaires restent soumis à l’interdiction de principe qui leur est faite d'adhérer à des groupements ou associations à caractère politique (article L. 4121-3 du code de la défense).
Pour les militaires sous contrat, le détachement n’a pas pour effet de reporter le terme du contrat d’engagement puisque le temps passé en détachement est pris en compte dans la durée de service du militaire concerné (article L. 4138-8 alinéa 7 du code de la défense), sauf en ce qui concerne les détachements prévus à l’article L. 4139-2 du code de la défense.
Le détachement peut être prononcé de plein droit, d’office ou après obtention d’un agrément du ministre des Armées ou de l’Intérieur pour les gendarmes (article L. 4138-8 alinéa 2 du code de la défense).
Le détachement de droit est accordé aux militaires qui sont nommés membres du Gouvernement ou appelés à exercer une fonction publique élective dans une assemblée parlementaire ou dans les organes délibérants des collectivités territoriales (article R. 4138-34du code de la défense).
Le détachement de droit est également accordé aux militaires lauréat d'un concours de l'une des fonctions publiques civiles ou d'accès à la magistrature et aux militaires admis à un recrutement sans concours dans un corps ou cadre d'emplois de fonctionnaires de catégorie C pour l'accès au premier grade du corps ou cadre d'emplois, sous réserve qu’ils aient accompli au moins 4 ans de services militaires, qu’ils aient informé leur autorité d'emploi de leur démarche et qu’ils n’aient plus de lien au service (article L. 4139-1 du code de la défense).
Le détachement d'office et le détachement sur demande agréée, concernent les détachements :
Le détachement susvisé est prononcé pour une durée maximale de 5 ans renouvelable par arrêté du ministre de la Défense ou de l’Intérieur, pour les gendarmes, qui précise la nature, la durée et le lieu d'exercice des fonctions (article R. 4138-36 du code de la défense).
. Sauf lorsqu’il est accordé de plein droit, le détachement est révocable à tout moment et ne peut être renouvelé que sur demande (article L. 4138-8 alinéa 6 du code de la défense).
Le militaire détaché est remplacé dans son emploi.
A l’expiration de son détachement, le militaire détaché est à la première vacance venant à s'ouvrir dans le corps auquel il appartient ou en surnombre dans certains cas déterminés par décret en Conseil d'Etat (article L. 4138-9 du code de la défense).
Lorsque le militaire détaché a été remis à la disposition de son administration d'origine avant l'expiration de son détachement pour une cause autre qu'une faute commise dans l'exercice de ses fonctions, et qu’il ne peut être réintégré dans son corps d'origine en l'absence d'emploi vacant, il continue d'être rémunéré par l'organisme de détachement jusqu'à sa réintégration (article L. 4138-9 alinéa 2 du code de la défense).
Le militaire peut être intégré, sur demande agréée, dans le corps ou cadre d'emploi de détachement dans les mêmes conditions que celles prévues pour un fonctionnaire par le statut particulier de ce corps ou cadre d'emploi (article L. 4138-9 alinéa 3 du code de la défense).
Dans les cas des détachements prévus aux articles L. 4139-1 à L. 4139-3 du code de la défense et des détachements d'office, le militaire reçoit de l'administration d'accueil le traitement indiciaire, les indemnités de résidence et à caractère familial et, le cas échéant, les primes et indemnités attachées au nouvel emploi (article R. 4138-39 du code de la défense).
Le militaire a également droit au maintien de sa rémunération d’origine.
En effet, lorsque la rémunération perçue par le militaire dans son nouvel emploi est inférieure à celle qu'il aurait perçue s'il était resté dans l’armée, le militaire perçoit une indemnité compensatrice égale à la différence entre sa rémunération perçue dans son nouvel emploi et celle qu’il aurait perçue s’il était resté en position d’activité :
« Durant le détachement prévu par les dispositions des articles L. 4139-1 à L. 4139-3 et en cas de détachement d'office, le militaire reçoit de l'administration d'accueil le traitement indiciaire, les indemnités de résidence et à caractère familial et, le cas échéant, les primes et indemnités attachées au nouvel emploi. Dans le cas où la rémunération perçue par le militaire dans son nouvel emploi est inférieure à celle qu'il aurait perçue s'il était resté en position d'activité au sein des armées, le militaire perçoit, du ministère de la défense, une indemnité compensatrice égale à la différence entre, d'une part, le traitement indiciaire brut, les indemnités de résidence et à caractère familial, et les primes et indemnités attachées au nouvel emploi et, d'autre part, la solde indiciaire brute, l'indemnité de résidence, le supplément familial de solde, l'indemnité pour charges militaires et les primes et indemnités liées à la qualification qu'il aurait perçus s'il était resté en position d'activité ».
Le cabinet d’avocat en droit militaire, Obsalis Avocat, assiste les militaires et les gendarmes dans leurs démarches tendant à l’octroi d’un détachement et les représente pour contester tout éventuel refus d’agrément.
Pour en savoir plus sur le détachement des militaires, consultez les articles du cabinet Obsalis Avocat sur le même thème :

Tiffen Marcel
Avocate associée fondatrice
Spécialiste en Droit public & Droit public militaire
Tiffen MARCEL a fondé Obsalis Avocat pour répondre aux problématiques des militaires, personnels de la gendarmerie nationale et fonctionnaires de police de toute la France. Seule spécialiste française en Droit public militaire officiellement reconnue par le Conseil national des Barreaux (CNB), elle dédie son expertise à la défense des militaires, gendarmes et policier dans tous ses pans administratifs : discipline, blessure et santé, indus de rémunération, démission/résiliation de contrat, réclamations indemnitaires.

Sanctions illégales des militaires : obtenez une indemnisation sans passer obligatoirement par la CRM.

Tout savoir sur la procédure disciplinaire du conseil d'enquête pour les militaires et gendarmes sanctionnés.

Pension d'invalidité et indemnisation complémentaire : les droits cumulables des militaires et fonctionnaires.

Arrêt maladie prescrit par un médecin civil : attention aux risques de désertion pour les militaires absents.

Mutation d’office : les militaires et gendarmes ont le droit de consulter leur dossier administratif individuel.

Sanctions déguisées contre les militaires : comment les identifier et saisir la CRM pour les contester.